Bien qu’il soit né à Cebreros, dans la province d’Ávila, sa famille résidait dans la capitale provinciale, où il passa son enfance et sa jeunesse.
Diplômé en droit de l’université de Salamanque et docteur de l’université complutense de Madrid, c’est dans la capitale de l’État qu’il commença à occuper diverses fonctions politiques, sous le patronage de Fernando Herrero, qui avait été gouverneur civil d’Ávila. Son lien avec ses origines se reflète également dans sa nomination comme procurador en Cortes [membre des Cortes franquistes] pour Ávila en 1967. L’étape décisive de son ascension fut sa désignation comme directeur général de la RTVE, poste qu’il occupa de 1969 à 1973. À partir de ce moment, et avec la transition vers la démocratie en toile de fond, il fit partie du gouvernement mis en place en 1975 après la mort de Franco.
Suárez représentait une option modérée et conciliatrice dans une période pleine d’incertitudes. Il parvint à jouer un rôle de médiateur entre différents groupes d’influence, politiques, Église, armée, entre autres, et à trouver l’équilibre dont avait besoin un pays confronté à une situation radicalement différente de celle qui l’avait précédée. Son action et son image pesèrent dans les urnes et, lors des premières élections démocratiques, il fut élu président du gouvernement avec l’Union du centre démocratique (UCD) en 1977. Il fut réélu lors des élections suivantes, bénéficiant d’un large soutien populaire jusqu’à sa démission en 1981.
Pendant une décennie, il resta lié à la vie politique à travers un parti renouvelé, le Centre démocratique et social (CDS), avant de se retirer de la vie publique en 1991. Il mourut le 23 mars 2014, et ses restes reposent, aux côtés de ceux de son épouse, dans la cathédrale d’Ávila.
On a toujours souligné chez Adolfo Suárez son caractère prudent et conciliateur, des qualités dont on a pu dire qu’elles lui venaient de son identité castillane et abulense. Et, sans aucun doute, dans sa carrière politique, lui aussi rechercha chez d’autres personnes cette même manière de voir la vie. Dans son cercle le plus proche de collaborateurs et d’amis figuraient plusieurs personnalités originaires d’Ávila, comme Agustín Rodríguez Sahagún (1932-1991), qui fut ministre dans plusieurs gouvernements et maire de Madrid dans les années 1980, ou encore son secrétaire Aurelio Sánchez Tadeo, qui fut également chroniqueur officiel de la ville.