Né à Madrigal de las Altas Torres, il développa la majeure partie de son activité littéraire et séculière dans la capitale dont il devint évêque.
Dès son plus jeune âge, il se distingua par ses qualités intellectuelles. Il fut donc envoyé au couvent San Francisco d’Arévalo pour compléter sa formation (1410-1415), puis à l’université de Salamanque. Dans la capitale culturelle de la Castille, en plus de poursuivre ses études, il fut nommé recteur du collège San Bartolomé (1437-1440), puis, peu après, professeur titulaire de théologie.
Son ascension à l’université connut un sérieux revers lorsqu’il fut accusé de suivre des doctrines qui s’éloignaient du dogme officiel, ce qui entraîna son éviction de ses fonctions. Déconcerté, il abandonna l’enseignement et trouva refuge dans la foi, entrant dans l’ordre des Chartreux de Tarragone vers 1444. À peine deux ans plus tard, il le quitta après avoir retrouvé une partie de son prestige, puisqu’il fut nommé chancelier puis, peu après, évêque d’Ávila grâce à l’intervention personnelle du roi Jean II de Castille. Il n’exerça cette charge qu’un an, avant de mourir en 1455.
Son immense production littéraire, avec près de 150 œuvres publiées, principalement des commentaires de textes religieux, l’éleva peut-être au rang de plus grand théologien médiéval espagnol. Son savoir reposait sur une solide connaissance des langues classiques et sur l’étude universitaire de matières très diverses, comme les différents arts, le droit, la théologie, etc. Cette érudition était si célèbre qu’elle donna naissance à l’expression « tu en sais plus qu’El Tostado ». Ce surnom, El Tostado, vient du fait qu’il s’agissait du second nom de famille de son père. Il était également connu sous le nom d’« El Abulense ».
Son tombeau dans la cathédrale est l’œuvre la plus connue du sculpteur Vasco de la Zarza.